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Pêcheurs de Gaza


La résistance des habitants de la bande de Gaza au siège et aux agressions que lui fait subir Israël est, par nécessité, quotidienne.

Un documentaire sur la résistance des pêcheurs de la bande de Gaza face au blocus israélien et à la terreur quotidienne dont ils sont victimes de la part de l’occupant. Un poignant appel au secours et à la solidarité, vers les syndicats de pêcheurs français.

Témoignages recueillis lors de la mission Bienvenue en Palestine organisée par EuroPalestine du 27 décembre 2012 au 2 janvier 2013, à Gaza.

État des lieux :
Non seulement les pêcheurs de Gaza se sont vus réduire dramatiquement leur zone de pêche mais, comme les paysans tout au long de la frontière terrestre à l’est, ils sont la cible aléatoire et quotidienne des tirs israéliens.
Et ces tirs, plus ou moins agressifs et criminels suivant l’humeur des soldats ou des marins, violent impunément les accords internationaux mais aussi ceux même qu’a pourtant imposé le pouvoir militaire et colonisateur d’Israël.

La situation actuelle est catastrophique :

Depuis la limite convenue de 20 miles nautiques lors des accords d’Oslo en 95, la zone de pêche s’est réduite à 12 puis 6 puis 3 miles nautiques jusqu’à récemment.
Les pêcheurs sont privés des bancs de poisson présents au delà de 8 miles, là où commencent les roches sous-marines et l’univers marin accessible est fortement mis sous pression.
Avec pour effet direct, une production qui est passée de 4000 tonnes annuelles en 1992 à 900 tonnes en 2011.

Et à Gaza, on ne trouve presque plus de poisson « bleu » (sardines, maquereaux), et encore moins de poisson de qualité supérieure tel que le Mérou.
"Le prix du poisson est par conséquent phénoménal : les classes les plus défavorisées - donc une majorité de la population – ne peuvent consommer du poisson que 3 fois par an, et la malnutrition devient chronique."

Depuis 2007, Israël a confisqué plus d’une centaine de bateaux. En moyenne, chaque semaine, elle met en prison deux pêcheurs. Sinon, ils sont souvent jetés à la mer après leur arrestation et doivent rejoindre la côte à la nage quand leur bateau a été confisqué ou coulé.

Le coût global des pertes est estimé à 40 millions de dollars par an.

Israël a profité de sa dernière agression en novembre 2012 pour s’acharner sur la profession en bombardant les barques de pêcheurs et, dans le petit port de pêche de Der Ballah au sud de Gaza, en détruisant le bâtiment de 2 étages qui comprenait des chambres froides, un atelier de réparation et de stockage des moteurs et le service administratif des pêcheurs de toute la bande de Gaza.

"Leur intention n’est pas tant de nous empêcher de pêcher sur nos eaux territoriales légitimes, dit Nizar Ayyash le Président du Syndicat des pêcheurs, que de saborder par tous les moyens les bases de notre économie, d’affamer la population et de la maintenir sous le régime de la terreur."

A cela, s’ajoute la situation catastrophique du bassin aquifère qui irrigue toute la région de Gaza.

Les Israéliens pompent à hautes doses l’eau de la nappe phréatique qui, de ce fait, absorbe l’eau marine et devient saumâtre, impropre à la consommation.
Ils ont aussi capté les eaux du Whadi Ghaza, le seul petit fleuve de la région et, criminellement, y déversent leurs eaux usées.
Les stations d’épuration de Gaza avaient toutes été détruites par les bombardements de 2008, et les rares qui ont pu être remises en fonction n’endiguent pas la pollution croissante et l’insalubrité qui en résultent, notamment autour de l’estuaire mais partout aussi dans la bande de Gaza.
Les experts de l’organisation Ewash prédisent une situation irréversible de détérioration des sols et de l’irrigation dès 2020.

Malgré tout, malgré le blocus, malgré la pénurie et la terreur, et les maladies qui se multiplient, les pêcheurs reconstruisent ce qui est détruit avec le peu de matériel dont ils peuvent disposer, et obstinément la flottille encore libre retourne à la mer, sous le feu toujours meurtrier de la marine israélienne.

Nizar Ayyash, président du syndicat des pêcheurs de Gaza :

“Nous appelons de nos voeux une relation entre les pêcheurs palestiniens et les syndicats de pêcheurs dans le monde, et particulièrement avec les syndicats français, afin de pouvoir bénéficier de leur expérience, afin de pouvoir alléger une partie des souffrances des Palestiniens.”

Cette vidéo est disponible également sur europalestine.com pour prendre contact avec la mission Bienvenue en Palestine et établir des liens avec les pêcheurs de Gaza ainsi que sur netoyens.info.


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